La loi du Keitai

Achat d’un Keitai à Tokyo en 2008.

Le Keitai, instrument essentiel à l’insertion sociale au Japon, est régulé par plusieurs organismes qui n’hésitent pas à entretenir la paranoïa ambiante à Tokyo.

C’est un consensus international : Tokyo est la ville la plus sûre du monde. A tel point que le soir, de nombreuses personnes alcoolisées s’endorment à même le sol, dans la certitude de se réveiller le lendemain en vie et munies de toutes leurs possessions. C’est la raison pour laquelle on ne rit pas de la sécurité, comme le confirme la présence policière constante.

Et l’un des dangers potentiels du monde moderne est le Keitai. Ce n’est pas tout à fait un téléphone portable tel que nous le connaissons, puisqu’il comporte bien plus d’options que nos simples ‘machines à téléphoner’. En plus du SMS et de l’appel, le Keitai peut accéder à Internet et surtout envoyer des emails – sans passer par une page web.

La première surprise de l’étranger au Japon est qu’il n’a pas le droit légalement d’obtenir un Keitai. Sauf s’il le loue (et il est fort probable que cela relève plus d’une légende urbaine que d’une réalité). Il faut donc s’arranger avec un ami japonais. Une fois ami et arrangement trouvés, deux solutions s’offrent à l’acquisiteur de Keitai : le ‘keitai shop’, ou le supermarché. Bien entendu, cette dernière solution offre un choix moins large.

Acheter un Keitai : mode Gonzo

Vous êtes donc avec votre ami Japonais. Vous choisissez le forfait qui vous convient le mieux, puis vous vous dirigez vers la caisse, pensant sincèrement être arrivé au bout de vos soucis. Erreur. Le parcours du combattant commence à peine. Votre ami doit remplir une masse de papiers auxquels vous ne comprenez rien. Il doit fournir de nombreux détails sur son identité, notamment son permis de conduire, qu’il donne au vendeur.

On vous annonce qu’il faut patienter près d’une heure, le temps que l’opérateur donne l’autorisation de vous fournir un Keitai, après la procédure de vérification d’identité d’usage. Vous vous occupez en observant les produits proposés par le magasin, et faites quelques découvertes intéressantes (les japonaises achètent des fers à lisser les cheveux).

Le vendeur revient, la désolation envahissant ses traits bonhommes. Manque de chance, votre ami a déménagé plusieurs fois. Softbank refuse de croire qu’il habite réellement à l’adresse indiquée. Par chance, votre ami est accompagné d’une amie, qui accepte de fournir ses propres papiers. Mais elle ne possède pas de ligne fixe à son domicile : son identité est elle aussi refusée, une heure plus tard.

Mais pourquoi contrôler autant l’accès au Keitai ? « Si on vole ton portable, qu’on fait quelque chose d’illégal avec, c’est moi que la police ira chercher, » explique votre ami. Surtout dans le cas du choix que nous avions fait : un pre-paid phone, généralement utilisé par les hommes mariés qui ont une aventure extra-conjugale et souhaitent joindre leur petite amie à toute heure.

Résultat, deux heures perdues dans un supermarché, et une Gaijin sans Keitai.

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